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iants rendez-vous; et les Variétés amusantes, dont ou voit encore le titresur une façade, sur un relief théâtral qui n’est que le mensonge d'unmasque! Et le Café d'Apollon, dont les joyeux habitués furent remplacéspar des ligures en cire! Et tous ces beaux piétons de la cour et de laville, ces grands seigneurs, ces grandes dames, ces tirailleurs titrés duplaisir et de l’amour, qui s’en allaient gaîment à la guerre sur le boule-vart du Temple! Le temps, le caprice, le vent, la bande noire, les révo-lutions et la mode ont tout emporté!...
— Passons au boulevart Saint-Martin : la journée s’avance, et je n'aiqu’un jour pour me promener de la Bastille à la Madeleine.
— S’il en est ainsi, regardons à la bâte le Château d'Eau, qui fut cons-truit en 1811, et le théâtre de l’Ambigu-Coniique, dont le répertoire estun véritable robinet d’eau tiède, et la salle Saint-Martin, qui fut bâtiepour l'Opéra en soixante-dix jours, par l'architecte Lemoine, à la lin durègne de Louis XVI . Le boulevart dont je parle est le rendez-vous habi-tuel des piou-piou, des bonnes d'enfants, des gamins, des acteurs et despoètes du mélodrame.
Le boulevart Saint-Denis , est situé entre les deux portes triomphalesipie la faiblesse ou la reconnaissance de la grande ville daigna voter enl’honneur de Louis XIV . La porte Saint-Martin fut édifiée en 1674: laporte Saint-Denis en 1672. L’une nous parle, dans ses bas-reliefs, de laprise du Limbourg et de la défaite des Allemands; l’autre nous rappellele passage du Uliin et les provinces conquises par le grand roi. L’écus-son fleurdelisé de la porte Saint-Denis est le seul emblème royal qui aitété respecté par les sublimes démolisseurs delà révolution de juillet.
— Au xv' siècle, n’y avait-il pas déjà un théâtre sur le terrain quiest aujourd’hui le boulevart Saint-Denis ?
— Le théâtre de la Trinité n’était pas loin, en effet; l’on y jouait desmystères, et ce fut là véritablement que se firent les débuts de l’art dra-matique en France . Les spectacles ont toujours abondé sur la ligne decette belle voie parisienne : le Gymnase Dramatique, enrichi par la verveinépuisable de M. Scribe et par ia charmante protection de la duchesse deBcrrv, continue à tenir sur le boulevart Bonne-Nouvelle son petit bureaud’esprit ... où il ne manque guère qu’un peu de marchandise spirituelle;nous verrons tout-à-l’heure , sur le boulevart Montmartre, le théâtre desVariétés qu’il ne faut pas confondre, avec les anciennes Variétés amusan-tes; plus loin, sur le boulevart des Italiens, vous entrerez, si bon voussemble, au théâtre de l'Opéra-Eomique, où rien ne ressemble ni à unopéra ni à une comédie. Je vous ai parlé du Gymnase Dramatique : n’ou-bliez pas son voisin, le fumeux marchand de galette; les deux boutiquesse touchent. Un autre détail, s’il vous plaît : l’ancien théâtre de S. A. RMadame Int construit en 1820 sur l'emplacement d'un cimetière; au-