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Tome second.
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LE S lî O U LE VA U T S.

55 I

XVIII ! vivent tes Bourbons! M. de Maitbreuil, qui avait attaché sa croix(l'honneur à la queue de son cheval, criait plus fort que les autres : Vivele roi ! à bas le tyran

Je m’en souviens... 11 était midi et un quart à ma montre de Bréguet,lorsque les trompettes des alliés se firent entendre sur le boulevart desItaliens ; je ne veux pas prêter mes propres paroles à l'expression de pa-reils souvenirs : prenez ce livre rouge... là, sur le premier rayon de mabibliothèque, et lisez pour vous et pour moi.

— C’est un livre traduit de l’anglais ...

— Oui ; lisez toujours.

— « Nous ne tardâmes pas à voir un groupe magnifique, composé de

l’empereur de Itussie, du roi de Prusse, du prince deSchwartzemberg, del'hctmanu Piatoff, du général Muffling, de lord Cathcart, de lord Bargers ,de sir Charles Stewart et de plusieurs autres, tous vêtus de brillants uni-formes et montés sur des chevaux superbes. L’empereur portait un uni-forme vert avec des épaulettes d’or; sur sou chapeau était un plumet,assezsemblable à la queue d’un coq. Le prince de Schwartzembergétait àsa droite; à sa gauche se trouvait le roi de Prusse : son air paraissaitgrave; il portait un habit bleu et des épaulettes d’argent. Lord Cathcart.avec son uniforme écarlate et son petit chapeau plat, faisait un sin-gulier contraste avec les autres. Sir Charles Stewart était couvert de ru-bans, de plaques, de croix, et son costume fantastique était évidemmentcomposé de ce qui lui avait plu dans les uniformes des différentes ar-mées.»

—Oui da ! ce Charles Stewart avait peut-être voulu représenter sur soncostume la coalition européenne. Continuez

— « Aussitôt que les souverains parurent, on commença à crier : Viventles alliés ! vivent nos libérateurs ! vivent les Bourbons ! à bas le tyran !. .. Lesofficiers répondaient par dessaluts gracieux aux acclama lions des hommes,et principalement à celles des femmes... »

— Passez, passez, de grâce... ce n’étaient là ni des hommes, ni desfemmes; ce n’étaient que des lâches qui n’avaient point de sexe.

— Je continue... dans l’intérêt de l’histoire. » Le grand-duc Constan-tin se sépara du cortège, tout près de l’église de la Madeleine , et se plaçasur un des côtés du boulevart, pour inspecter les troupes qui défilaient :elles se composaient de55 à 45,000 soldats. En voyantdeshommes placésdevant une femme, il fit observer qu’il croyait les Français plus galants.. »

— Cosaque , va !

— « Lorsque les troupes eurent fini de passer, je me rendis à la placeLouis XV, où je trouvai les souverains qui revenaientdes Champs-Elysées .L’empereur de Russie se rendit à l’hôtel de.M. de Talleyrand , où il établitson quartier général; le roi de Prusse alla loger à l’hôtel du prince Eu-