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Tome second.
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LES HOULE VAUT S. 357

vivant dans la tombe d’un hospice ; la tombe de Hicètre se referma sur satète, et tout fut dit.

Au mois de février 1641, Marion Delorme s’avisa de proposer au mar-<[uis de Worcester une promenade sérieuse, une promenade d’observationà l'hospice de Hicètre. Comme ils se promenaient en observant, en riant,dans le jardin des fous, un honnpe, un maniaque, jeune encore, maishorrible à force de misère et de folie, leur apparut tout-à-coup derrièreles grilles d’un cabanon, et se mit à crier d’une voix tremblante, d’unevoix brisée :

— J’ai fait une découverte qui enrichira mon pays ! Venez, venez briserles barreaux de ma cellule... Je me nomme Salomon de Caus !—Etqu’est-ce que la découverte dont il parle ? demanda le marquis de Wor-cester à un gardien. — Ab! monseigneur, une chose bien niaise : l’em-ploi de la vapeur de l’eau bouillante.

Le lendemain, après avoir interrogé Salomon de Caus , le marquis s’é-criait devant toute la petite cour de Marion Delorme : Oui, vous l’avezrendu fou ; mais quand vous l'avez jeté dans un cachot, vous avez as-sassiné le plus grand génie de votre époque !

Déranger, sans le vouloir, chantait l’éloge de Salomon de Caus quandil disait dans une chanson admirable :

Vils soldats de plomb que nous sommes,

Au cordeau nous alignant tous ,

Si des rangs sortent quelques hommes,

Tous, nous crions : à bas les fous .’

On les persécute, on les tue,

Sauf, après un lent examen,

A leur dresser une statue.

Pour la gloire du genre humain.

Voilà de ces choses que l’on trouve dans l’histoire des boulovarts, enles cherchant bien.

Le souvenir de ce pauvre savant, qui était aussi un artiste, portebonheur à ma mémoire. Je me souviens d’avoir vu, il y a quaranteans, sur le boulevart du Temple, une bicoque, une masure qui avait ap-partenu, me disait-on, à un artisan célébré, à l’ouvrier Boule, sous lerégne de LouisXIV. André Boule avait quelque chose (pie n’ont pas d’or-dinaire les simples artisans : beaucoup de tristesse, beaucoup d’orgueil,une grande intelligence et une ambition plus grande encore.

Un jour, la belle M 1U de Fontange adressa un appel public à tous les ta-lents de Paris et de Versailles pour l’ornement, pour la décoration mo-bilière d’un palais, d'une espèce de petite-maison qu’elle devait à lamunificence amoureuse du grand roi. L’ouvrier Boule osa se mettre surles rangs, pour disputer le prix-Fontanges à tous les artistes de la couret