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Tome second.
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BLE U1 Cil E LIEE.

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rent rue Mauconseil, à l'hôtel de Bourgogne, sur l’ancien emplacementde la Halle aux Cuirs. — Un bel esprit d'alors ayant enchâssé dans unquatrain cette pensée réjouissante , « Les arts n’ont point de patrie, »Pulchinella ouvrit sa porte au Pierrot français , et l’hôtel de Bourgognese fabriqua à son usage un patois mi-parti gascon et napolitain, qui donnanaissance à un genre bouffe peu à peu épuré et dans lequel excellèrentLaruette, Yizentini, Bertinazzi, surnommé Carlin , Gainai et madameFavart, qui fut, après le triomphe de Fonlenov, la plus belle victoire dumaréchal de Saxe. Cependant l’Opéra-Comique, établi en 1714 à la foireSaint-Laurent, luttait de toute sa force contre messieurs les ComédiensFrançais ; réduit, grâce à eux, à vivre de la pantomime, et, las de cettenourriture indigeste, il se réunit en 1702 à la Comédie Italienne ; en1780, l’école française avait le dessus ; le jargon des i et des o avait faitson temps, et à trois ans de là la troupe désertait l’hôtel de Bourgognepour la salle construite au boulevart des Italiens, ainsi appelé à caused’elle, etqtii prit le nom de son actrice préférée, M" ,e Favart. Quelque tempsaprès, Monsieur, frère du roi, suivant l'exemple du régent, accorda sa pro-tection b des bouffons d'Italie , pour lesquels Legrand et Molinos construi-sirent, de 1780 à 1700, une salle située rue Feydeau, où vint se loger en1703 le personnel de la Comédie Italienne, qui, fraternisant avec les au-teurs de Monsieur, conserva la dénomination de troupe du ThéâtreFeydeau jusqu’au jour où la salle fut rasée pour laisser le champ libre aunouveau quartier de la Bourse. Michu, Chenard, Elleviou , Martin, Ga-vaudan, sa femme, madame Boulanger, jetèrent un vif éclat sur la scènede Feydeau. Le nom était mort, mais le genre restait; d’abord privé d’a-sile, Boursault lui en ouvrit un sur la place Yentadour; il n’y fut pasheureux, ses malheurs continuèrent à la place de la Bourse, et peut-êtreà son tour aurait-il succombé si, d’un pied furtif enjambant la rue Biche-lieu, il n’était revenu, après l’incendie du Théâtre Italien, dans cette mêmesalle Favart, son berceau, où avec des écrivains comme M. Scribe, descompositeurs comme M. Auber, des chanteurs comme Loger, une longueet prospère existence lui est promise.

Yoici le Théâtre-Français : compagnie illustre où l’on trouvaitautrefois Préville, Molé, Lekain , Bellecourt, Brizard , et Dumesnil, etClairon , et Gaussin, et la Dangeville; un peu plus tard, Fleury fîtchérir les Moncade; Talma régénéra la tragédie, puissamment se-condé par Adélaïde Duchesnois; on peut dire de mademoiselle Mars qu’elle éternisa sur la scène le talent et la beauté. De cette société cé-lèbre, qui portait au loin l’honneur de notre théâtre et de notre littérature,que reste-t-il à l’heure présente? Des débris qui ne furent jamais des mo-numents, des vieillards qui n’ont point eu de jeunesse, une famille debonnes gens pejora prioribus, ayant plus d’expérience que de verve, moins