1*LACE DU CABBOUSEL.
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Eu conséquence, moi, Laporte ,
J’allais vous demander la paix ;
Le canon a la voix plus forte,
Il vous l’annonce, et je me tais.
Plus tard, l'empereur se souvint de cette allusion ; il récompensa leVaudeville dans la personne de son directeur, en le conviant, avec l’élitede sa troupe, à la grande l'été militaire du camp de Boulogne. Onvitalorsle vaudevilliste Barré célébrer les victoires de Napoléon , comme, cin-quante ans auparavant, on avait vu le chansonnier Favart chanter cellesdu maréchal de Saxe. L’empereur paya noblement les frais du voyage,et dota chacun des auteurs, dont il avait applaudi les refrains, d’unepension annuelle de 5,000 fr. ; aussi, à partir de ce moment, le Vaude-ville naturellement si frondeur, que rien n’avait pu rendre sage, qui avaitassisté en riant aux plus furieux excès de la révolution , le Vaudevillerenonça à son droit de critique. Un sourire de Napoléon fit ce que laterreur n'avait pu faire.
Jusqu’en 1814, le théâtre ne dévia pas de cette voie nouvelle dans la-quelle il était entré ; mais au premier bruit de l’invasion étrangère, leviolon du Vaudeville rallia autour de lui tout ce qu’il y avait d’esprit patrio-tique en France . Les étrangers campaient au Carrousel; trahie par la vic-toire, la Franceeutdu moins la consolation d’être vengée par le vaudeville.
Incendiée le 18 juillet 1856, la salle de la rue de Chartres ne s’estpoint relevée de ses décombres, majs le Vaudeville vit toujours. Il atransporté ailleurs sa marotte et ses grelots : les rois s'en vont, les gou-vernements se succèdent, les salles brûlent où s’écroulent, l’esprit seulne meurt jamais, et l’on sait qu’en France on sauve tout avec de l’esprit.
A la bonne heure, voilà de la colère et de la passion ; le peuple desfaubourgs se ruant sur la place du Carrousel, ébranlant les grilles, es-caladant les fenêtres, brisant les portes et faisant irruption dans l’appar-tement du roi avec l’impétuosité d’un torrent. Vous vous figurez déjà lafamille royale courant éperdue dans les longues galeries du palais, lareine échevelée, madame Elisabeth évanouie et le petit dauphin effrayéallant de l’un à l’autre en pleurant. Allons donc, c’est un tableau senti-mental, une terreur bourgeoise que vous voyez là ; et à l’heure dont jevous parle, le sentiment n’était plus dans nos mœurs, l’héroïsme était àl'ordre du jour. La mort, sous cet effroyable régime, était la plus solen-nelle action de la vie. Chacun tenait à honneur de bien mourir.
— Et vous avez pu assister, spectateur muet, à cet horrible spectacle !m’écriai-je toul-à-ooup, interrompant le narrateur officieux, qui semblaitprendre à lâche de réveiller en moi mes plus douloureux souvenirs.
— Vous en parlez bien à voire aise. J'aurais voulu vous y voir : oui,
monsieur, oui, je suis resté là. Fendant six heures que dura l’hor-