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im inaitre. Tout-à-coup mir clameur formidable se lait entendre, lestambours battent aux champs, le peuple hatdes mains, mille cris, milleacclamations s’élèvent dans les airs ; le canon gronde, c’est Napoléon qui arrive en calèche découverte, traînée par six chevaux blancs, entouréd’un brillant état-major. Arrivée sur le Carrousel, la voiture s’arrête, lepremier consul en descend, s’élance à cheval et inaugure, aux regards detout un peuple enivré, ce petit chapeau devenu populaire, couronne or-gueilleuse par sa modestie même, et que cette leiute modestie n’a pusauver. Mais trêve un instant aux sinistres prédictions; les drapeaux mu-tilés de la 96", de la â3 c et de la 30'' défilent devant le jeune chef. Bona-partea découvert son front, il s’incline, l’armée tressaille, le peuple ap-plaudit. En ce moment le vainqueur de l’Egypte est grand comme cespyramides du haut desquelles quarante siècles ont contempléses exploits;en ce moment tout s'efface devant lui; déjà il a mis le pied sur la pre-mière marche du trône, il a pris la chambre de Louis XVI et le cabinetde Louis XIV ; déjà Joséphine est installée dans l’appartemenlde la reine,et demain, dans une heure, la nouvelle souveraine recevra les hommagesdu corps diplomatique avec cette grâce et cette aisance qui sont la véri-table royauté de la femme.
L’année qui s’ouvrait ainsi s'écoula comme un rêve feériqueau milieudes triomphes de nos armes: chaque _ ‘ canon qui retentissait enEurope avait un glorieux écho à la place du Carrousel. La campagned’Italie commença cette série de victoires qui devait étonner le monde.A ce faîte de la puissance et de la gloire, Napoléon n’avait plus rien àcraindre. Ce fut précisément ce moment-là que les partis ulcérés choi-sirent pour l’abattre; le 24 décembre Napoléon sortit des Tuileries pourse rendre à l’Opéra ; Joséphine l’avait précédé ell’attendait ; une heures’écoule, le premier consul n’arrive pas ; déjà dans les groupes animésdu parterre circulent des bruits de mort et d’attentat. Enfin il paraît,son visage ne porte aucune trace d’émotion, il est seulement un peu pâle,comme toujours; à sa vue, des applaudissements passionnés éclatent detoutes parts; il sourit, il salue, et le spectacle commence. Eh bien! cethomme souriant et calme venait d’échapper citxj minutes auparavant àune mort certaine. Un horrible complot avait été tramé contre lui : unecharrette placée en travers de la rue Sainl-Nicaise, à deux pas du Car-rousel, devait lui barrer le passage ; un baril de poudre cerclé de fer,gorgé de halles et de mitraille, avait été disposé de telle sorte qu’à moinsd'un miracle Bonaparte devait être broyé, lui, sa voiture et ses chevaux.Il n’en fut rien pourtant, le miracle se lit ; le sauveur de la patrie fui sauvépar son cocher.
Les lauriers préservent de la foudre, cette fois celui la vigne qui pré-serva le laurier. Le cocher du premier consul était ivre, et il conduisait