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Tome premier.
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XXXIX
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PREFACE.

XXXIX

pour éviter également ces deux écueils quej’ai résolu de ne point me gêner dans mes écrits,même pour les hommes qui vivent encore,lorsque je ne dis rien qui les menace. Je mesers ici du mot menacer, et non du mot dé-plaire ; car il y a des âmes pusillanimes quiont peur de tout, et des âmes moroses quis’offensent de tout. Or je ne pense pas qu’ondoive immoler la vérité à la faiblesse des unsou à l’irritabilité des autres. Rien n’est beau,bon ou utile, que ce qui est vrai; et les véritésmorales les plus importantes n’ont pas d’ap-puis plus frappants que les faits. Une anecdotequi établit ou prouve une vérité de cette na-ture est donc un bien qui appartient à tous,et on ne doit la taire que lorsque le mal quesa publication peut faire l’emporte sur le bienqu’on doit attendre d’elle ’.

1 Je sais que, malgré ces raisons, ma franchise n’a pasplu à tout le monde ; mais ce que j’ai dit avait irrévoca-blement fixé la limite des concessions que je pouvaisfaire.