DK FRÉDÉRIC. ig
ces sortes tle conversations ; mais ce n’était quesous la clause formelle que les autres ne l’ou-blieraient jamais. D’ailleurs, Toussaint eut unautre tort : il aimait à redire qu’il avait vu leroi , que le roi lui avait dit telle chose, quelui-même avait fait telle réponse ou telle ob-servation , etc. Or, ce souverain, aussi précau-tionneux que méfiant, ne manquait pas de fairesuivre les nouveaux venus qu’il admettait danssa société ; et lorsque les rapports de ses agentslui faisaient considérer un homme comme vain,léger, indiscret ou intrigant, il ne tardait pasà l’abandonner.
Si j’ai été plus heureux que Toussaint et quetant d’autres, c’est principalement parcequej’ai deviné Frédéric, et que je ne me suis jamaisécarté du plan de conduite que j’avais cru de-voir me tracer : or, ce plan consistait, i° à écou-ter le roi avec la plus grande attention, et sansmontrer le moindre empressement de parler,à moins qu’il ne parût le désirer: je croyoislui devoir cette déférence, non seulement par-cequ’il était roi, et que j’étais à ses ordres,mais aussi parcequ’il était grand homme. La loique je me prescrivais à cet égard était doncà mes yeux une loi de décence aussi bien que