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Tome premier.
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COMPOSIT. L1TTER. DE FREDERIC. 9 D

dit : « Je vous prie de garder cela comme un» souvenir du plaisir que vous m’avez fait» en cette occasion. » Mais sa main ne rencon-trant dans l’obscurité que mon chapeau, il ydéposa le présent qu’il me faisait, le premierque j’aie reçu de lui. Ce présent était une mon-tre à répétition à double boîte : je sus parM. le Catt qu’il avait fortement recommandéqu’on lui choisît la meilleure montre anglaiseque l’on pourrait trouver, qu’il l’avait payéecent louis, et qu’il l’avait portée pendant huitjours, pour s’assurer qu’elle était bonne. Orcette montre n’était qu’une misérable pièced’Augsbourg, vendue à la douzaine, et si mau-vaise, qu’au bout de deux ans elle ne fut pasmême raccommodable. J’aurais perdu le mar-chand si j’avais dit un mot : j’aimai mieux n’yplus penser, et l’abandonner dans un coin ,d’où elle disparut, je n’ai su quand, ni com-ment. Il ne m’en était resté que le ruban auquella clef était attachée, et que depuis j’ai égale-ment perdu; ruban noir, parceque Frédéric,qui avait tant respecté sa mère, s’était fait,après la mort de cette princesse, la loi de neplus porter d’autre cordon à ses montres. Ceruban devint chez lui une marque de deuil.