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Tome premier.
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155
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COMPOSIT. L1TTÉR. DE FRÉDÉRIC. 1 55

Quintus Icilius alla chez M. Moulines, êtremétis, Français d’origine et Allemand pour lamontre, pasteur réformé et élégant, du resteacadémicien insignifiant, littérateur superficielet intrigant, quoique homme aimable et d’as-sez bon caractère. Il avait plus de part quepersonne à la confiance du colonel Quintus,envers lequel il n’épargnait pas les protesta-tions; cependant, il ne sut pas se taire en cetteoccasion , car ce n’est que d’après lui que l’onest venu me conter comment Quintus, mesu-rant d’après son propre cœur le mal qu’il ima-ginait que je voudrais lui faire, et croyant déjàme voir à Potsdam , répéta cent fois : Je suisperdu ! il me hait ! Il sera mon ennemi ! Il mesera préféré, que deviendrai-je ? et passa ainsila soirée à pleurer comme un enfant, sans queMoulines pût réussir à le calmer.

Bastiani fit beaucoup mieux que tous lesautres : il alla en vingt maisons heureusementchoisies et tenant toutes à la cour. Le baron dePoëlnitz, qui ce même jour devait, ainsi quemoi, souper chez le colonel du Troussel avecle prince Henri, passa de bonne heure chezmoi, sous prétexte de m’offrir une place danssa voiture, mais au fond pour vérifier cette