L f FREDKIUC-LE-Glt iKJ) ET SA FAMILLE.
gurer parmi les rois. Il n’eut point de reposqu’il n’eût satisfait à cette ambition, qui dansle temps fut regardée comme un excès de va-nité, et qui, chez lui, ne fut que cela. Cettecirconstance prouve néanmoins combien lesjugements des hommes sont parfois incer-tains ; car c’est à cette vanité de Frédéric I erque la maison de Brandebourg doit les suc-cès* qu’elle a eus depuis. Jamais Guillaume I ern’aurait songé à consolider sa puissance commeil l’a fait; jamais Frédéric II ne serait parvenuà l’agrandir encore, s’ils n’avaient eu dans letitre de roi le stimulant qui les a enhardis àconcevoir de si vastes desseins. Ainsi, voilà enEurope une grande et respectable puissance,qui doit tout à une vanité presque puérile, etqui depuis Frédéric 1 er a moins donné qu’au-cune .autre dans ce défaut, qui, dans le fait,l’aurait perdue, si elle n’y eut renoncé. Leçonprécieuse de politique et de morale, qui nousmontre comment, sur une base faible et fragile,la sagesse et le génie peuvent élever et consoli-der un édifice à la fois majestueux et durable ’ !
1 Je ne sais à quelle occasion l’empereur Léopold 1 ers’écria que ceux qui ne s’étaient pas opposés à ce qu’il re-