58 EHÉDÉIUC-LE-GIIAND ET SA E A MILLE.
trois régiments d’artillerie. Cette cour de Mon-Bijou devint célèbre à plusieurs titres. Frédé-ric venait tous les mercredis y rendre ses de-voirs à sa mère, à moins qu’il ne fut occupé àfaire ses revues ou à guerroyer. Jamais on nevit un souverain montrer plus d’assiduité etde respect. Il avait toujours son chapeau à lamain, avant même d’entrer dans les apparte-ments , s’il arrivait lorsque la reine douairièreétait au jeu, il se tenait debout derrière sonfauteuil, et ne s’asseyait ni alors, ni en d’autresmoments, qu’elle ne le lui permît par ces mots,ou d’autres équivalents : Mon fils, asseyez-vous.Un jour il entra au moment qu’on s’y atten-dait le moins : les cavaliers étaient dans unpremier salon , à faire entre eux une partie depharaon, de sorte qu’en le voyant entrer ilsne songèrent d’abord qu’à cacher leurs cartes.Frédéric, qui vit leur trouble et leur embarras,leur dit « qu’ils savaient bien que chez sa ma-jesté la reine douairière il n’y avait jamais de» roi, et que tout ce quelle jugeait à propos» de permettre chez elle était à l’abri de toute» censure. » Ensuite il leur demanda à quel jeuils jouaient. Ayant appris que c’était au pha-raon , il leur témoigna le désir de les voir re-