1^6 FRlîDÉRIC-LE-GR ani> et SA famille.
Le prince Henri a rarement été bien avecFrédéric, son frère: je les ai vus passer desannées entières sans se voir ; et toutes les foisqu’ils se sont raccommodés , c’est toujours leroi qui a fait les avances. « Ils sont aussi fiers» l’un que l’autre, disais-je souvent à mes amis :» si le prince était le roi, je suis sûr que ce se-» rait lui qui ferait les premiers pas, vu que» de la part du maître ce sont toujours des dé-» marches nobles, généreuses, et qui indiquent»de la bonté. Je suis également certain que«Frédéric, au second rang, ferait comme fait» actuellement le prince Henri, parcequ’une«avance de la part d’un subalterne fait tou-» jours soupçonner quelque vue intéressée ou» quelque autre faiblesse. Ainsi je trouve qu’ils» font tous deux ce qu’ils doivent. »
Ce qui rendait les brouilleries si faciles entreeux, c’est qu’indépendamment des causes oudes prétextes qui pouvaient les faire éclater, leprince se ressouvenait trop des arrêts qu’ilavait eus avant son mariage : il avait peined’ailleurs à pardonner à son frère de l’avoircontraint de se marier pour être libre : il n’ou-bliait pas comment ce frère-roi s’était conduitavec sa famille à l’occasion des démarches