222 FRÉDéRIC-LE-GRAND ET SA FAMILLE.
1er de la séance de la veille, mais à e!n parler àhaute voix, et de manière que la reine ne per-dît pas un mot de tout ce qu’elle disait. Aprèsavoir fait un tableau flatteur de la solennité decette assemblée, et un très bel éloge du dis-cours du roi, elle ajouta que, de l’aveu des as-sistants , j’avais lu ce discours comme il conve-nait de le lire : ici elle entra dans quelquesdétails, et observa que je réunissais ce qu’onpouvait désirer dans ces sortes de circon-stances, et que parmi les académiciens mes con-frères ,1e roi ne pouvait, quelque mérite qu’ilseussent à tant d’autres titres, en trouver un quis’acquittât mieux que moi des missions de cettenature , et qu’avec raison il ne confiait qu’àmoi. Elle passa en revue tout ce qu’il lui plutde m’attribuer de bonnes qualités, comme pèrede famille, homme de société, et académicien.
La reine , qui avait elle-même suspenduson jeu en l’écoutant, lui dit à la fin : « Mais,» madame, de qui parlez-vous donc? — De» M. Thiébault, qui a eu l’honneur, hier, déliré» à votre majesté le discours du roi. — Mais ce» M. Thiébaultn’estpas académicien.—Madame,» il l’est depuis le surlendemain de son arrivée»à Berlin , et de plus professeur à l’école civile