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Tome deuxième.
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262 FRÉDERIC-LE-GRAND ET SA FAMILLE.

» de rage qui caractérise la haine. — Mon dieu ,«vous verrez qu’un de ces jours, un bon vent«vous portera... chez moi. — Un bon vent,«monsieur! une tempête ne le ferait pas! » Etelle lui tourna le dos.

Je ne sais quelle pièce on devait jouer authéâtre français , un jour que nous dînions chezla reine, Mérian, Formey et moi. « Messieurs,«nous dit sa majesté, je compte aller ce soir au« spectacle : aurai-je le plaisir de vous y voir ?» — Je me suis proposé d’y aller, répondit» Mérian. — Mon dessein est aussi d’y aller, dis-»je à mon tour. —Madame, ajouta M. Formey,«je n’ai point de billet. » Lorsqu’on fut levé detable, et que la reine eut repassé , selon l’u-sage, du salon dans sa chambre pour y pren-dre son café , la jeune princesse sa fille revinten courant, un billet à la main, et dit àM. Formey : « Monsieur, voilà un billet de«comédie que ma chère mère vous envoie.» — Madame, répondit-il en le prenant, que le» bon Dieu vous le rende et à sa majesté, en» son saint paradis ! » Cette inconvenance, dans labouche d’un vieux ecclésiastique, fut accueilliepar un éclat de rire général, que son altesseroyale alla bien vite reporter à madame sa mère.