34 FÊTES DE LA COUR,
rester. Ces deux hommes étaient Pigal le sculp-teur , et un officier français de la garnison deStrasbourg . Le premier ayant achevé de placerle monument du maréchal de Saxe, eut oc-casion, un jour qu’il soupait avec plusieurs mi-litaires , de témoigner les regrets qu’il avait den’avoir jamais vule rci de Prusse. On lui observaqu’étant à Strasbourg , il se trouvait presqueà moitié chemin de Paris à Berlin : mais il luirestait la difficulté de faire seul le reste de cetteroute, dans un pays dont il ne savait pas lalangue, lorsqu’un des convives offrit de l’ac-compagner. Le marché fut conclu sur-le-champ ;ils partirent dès le lendemain, et arrivèrent àBerlin le soir même où Frédéric faisait sesadieux au grand-duc. Pigal ayant beaucoupconnu dom Pernety , bibliothécaire du roi dePrusse, parvint à le joindre à l’instant mêmede son arrivée ; et dom Pernety envoya lesdeux voyageurs au château , avec les instruc-tions nécessaires pour y être admis. Deux joursaprès il les conduisit à Potsdam : ils se mirentà parcourir les jardins de Sans-Souci vers onzeheures du matin, lorsqu’ils aperçurent à quel-que distance le roi qui, tenant un livre à lamain, venait s’y promener, précédé de ses trois