Band 
Tome troisième.
Seite
77
JPEG-Download
 

POELLNITZ. 77

revenue à Berlin , toujours tondant en larmeset désespérée ; que la désolation la plus grandeétait dans ce ménage; que tout le quartier yprenait une part très vive, d’autant plus queces gens étaient aimés et estimés, tous égale-ment honnêtes et bien rangés ; le père, trèsbon soldat et fort exact à ses devoirs; et lesfemmes, retirées, modestes et laborieuses. Surce rapport, Guillaume avait fait dire à la mèred’être tranquille, que'ses filles lui seraient ren-dues le lendemain ; et, en même temps, il avaitenvoyé à Spandaw ordre de les faire repartirsur-le-champ, de manière qu’elles fussent chezlui à son lever.

Une circonstance remarquable, cest qualeur retour il se hâta de leur demander si lessoldats ou autres ne leur avaient point manquéd’égards ; à quoi elles répondirent que, commeelles n’avaient cessé de sangloter et de se déses-pérer, on n’avait pu qu’être touché de leursort, mais qu’on ne leur avait rien dit.

Le baron de Poëllnitz n’a jamais eu sous lerègne de Frédéric la faveur dont il avaitjoui sous Guillaume premier; mais comme ilétait d’une ancienne maison, qu’il était hommede cour, et entendait très bien le service de