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Tome troisième.
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VOYAGEURS

jeune compagnon : c’est que cet abbé avait aveclui un gros volume, espèce de bloc fort épais,semblable à un dictionnaire d’écolier ou à cer-tains grands bréviaires, et dont il avait le plusgrand soin de ne jamais se séparer : il était,en effet, toujours sous son bras , soit qu’il mon-tât en voiture, ou qu’il en descendît ; et entrédans une auberge, il le serrait soigneusement.

« Est-ce que cet abbé dirait son bréviaire ? se«demandait M. de Lahaye ; et, si ce n’est pas»un bréviaire, qu’est-ce que ce volume peut«renfermer qui justifie tant de mystère? » Ilattendait un moment d’oubli depuis plusieursjours, lorsqu’un matin l’abbé lui dit : « Voilà«devant nous une côte toute de sable', que le« postillon ne montera qu’à pas lents ; mettons» pied à terre, et gagnons de l’appétit. — Vo-«lontiers, monsieur, marchons. «A ces mots ,l’abbé saute en bas de la voiture ; M. de Lahayele suit jusque sur le marchepied; mais alors,voyant le volume délaissé dans un coin , il pré-texta un peu de mal de tète et le vent qu’il fai-sait, et prétendit qu’il serait pour lui fort im-prudent de marcher. L’abbé le taxa de pol-tronnerie , et continua d’aller en avant : l’autre,en rentrant, saisit le volume, voit, en l’ouvrant,