A LA COUR 1)E BERLIN. 2-71
«étaient à la même table) en usent de même.«Eli bien, imite cet exemple, et sois libre. »
Il agissait comme il le disait ; il avait la phi-losophie qui convient à un brave et ancienmilitaire et à un homme de la meilleure so-ciété. « Je n’estime et ne veux connaître, me«disait-il en une autre occasion, que la philo-» sophie qui nous attache à nos devoirs, et qui« nous rend plus sociables et plus utiles : tout»le reste est sottise et duperie. »I1 se moquaitsouvent de son secrétaire, homme déjà âgé,et qui était tout plein d’idées scolastiques. Sonaumônier, au contraire, en était fort bien ve-nu, parceque c était tout à la fois un jeunehomme rangé et un fort bon garçon.
Le général Nugent, en me parlant des rhu-matismes dont il était tourmenté, me dit quec’était un des fruits de la guerre de sept ans ,et principalement d’une expédition qu’il avaiteueà faire pendant les froids les plus rigoureux.Ils étaient allés, par je ne sais quel chemin, vi-siter une des plus hautes montagnes de Bo-hême. Arrivés au sommet, ils n’eurent d’autremoyen pour descendre que de s’asseoir surla glace, chacun d’eux tenant par le corps ce-lui qui se trouvait assis de même entre ses