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«faut bien redoutable,pour le genre humain :
» vous êtes trop méfiant. — Je vais vous prou-» ver , M. le général, que vous vous trompez,
» lui répondit le roi en souriant, car je me fie à» vous, ministre d’Autriche. — C’est à Nugent,
» sire , que vous vous fiez ; et vous n’y risquez«rien. — Allons, qu’il n’en soit plus question:
» nous resterons en paix \ #
Le général Nugent était à peine rentré à Berlin ,
> « Comment a-t-il pu se faire, ont dit quelques écri-» vains allemands, que personne n’ait parlé de cette» anecdote avant moi?... » Le temps passé fourmille defaits aussi importants, d’abord oubliés ou supprimés, etensuite devenus très problématiques quoique très réels.On n’a point parlé de celui que je cite ici, parceque peude personnes en ont été instruites ; qu’on l’a regardécomme un secret qu’il était prudent de taire, et que cefait n’a été qu’un premier mouvement, qui n’a eu aucunesuite. Pour moi, je l’ai su par M. du Troussel, auquel lesordres que j’ai cités avaient été transmis, et chez quije vis alors plusieurs officiers fort occupés de ceux qu’ilfallait expédier pour faire venir de toutes parts leshommes et les chevaux qui appartenaient au service del’artillerie. Si le silence des auteurs allemands devient untitre d’incrédulité pour mes lecteurs , il faudra rejeterparmi les mystères incompréhensibles le singulier atta-chement de Frédéric pour le général Nugent, avec lequelil n’avait d’ailleurs aucune liaison particulière.