2Ç)2 MINISTRES ÉTRANGERS
dérer que tous les propos qu’on lui citait, etqu’il avait très bien sus dans le temps, n’avaientété que les premiers mouvements d’un hommequi a autant de vivacité et de sensibilité que degénie, ou même de simples plaisanteries jetéesen avant, soit pour tromperies autres, soit pourles engager à se découvrir; et qu’enfin il étaitde son devoir de rappeler que, pour bien jugerde cet homme extraordinaire, et même de cequ’il disait, ce n’était rien que de recueillir sesparoles, à moins qu’on ne sût également bienen quels moments, dans quelles circonstances,dans quelles vues, il les avait dites. « Eh bien,» m’ajouta-t-il, ma réponse produisit tout l’effet«que je pouvais désirer. J’ai toujours su les» plaisanteries et les épigrammes échappées au» roi, n’importe contrequi .-jamais je n’en ai rap-» porté aucune dans mes dépêches; jamais on ne» m’en a plus demandé, et l’on m’a laissé ici. Je» rougirais de mon métier, s’il fallait descendre«à cette sorte de commérage. »
Dans un moment où, seul avec lui, nousparlions peu avantageusement de la plupart deshommes qui formaient alors la société habituellede Frédéric, je lui avouai ne pouvoir com-prendre comment un roi qui avait tant d’esprit