3lO MINISTRES ÉTRANGERS
quiconque les avait écrites ou dictées, étaitévidemment, et de sa connaissance certaine, unhomme vil et un faussaire. Knyphausen, ayantlu cet écrit, jura qu’il ne le signerait jamais.Ainsi les témoins postèrent les deux cham-pions : Elliot offrit à Knyphausen de tirer lepremier ; ce que celui-ci accepta. Son coupn’ayant pas porté, on en revint aux propositions.Knyphausen demanda seulement de changerou supprimer quelques mots. Pas une seulelettre , répondit Elliot. On reprit place. Elliottira : un heureux mouvement de tête de lapart de Knyphausen donna passage à la balle,qui s’enfonça derrière lui dans l’arbre auquelce champion était adossé. On rechargea lesarmes, et Knyphausen tira : sa balle touchalégèrement à la hanche Elliot, qui n’en parlapas. Ce fut alors que la peur fut la plus forte :le beau cousin copia et signa tout ce qu’onvoulut, et Elliot partit à l’instant pour revenirà Berlin se faire guérir d’une fièvre dont ilétait très fatigué depuis une dizaine de jours,mais dont il n’avait jusque là voulu parler àpersonne. Il fit en même temps ce qu’il fallaitpour assurer son divorce , et repartit au boutde deux jours pour Copenhague .