08 académie royale,
y a très bien réussi, puisque sa succession estmontée à cent mille écus de France . On disaitqu’il gagnait régulièrement cinq ducats parjour : un au jeu le soir, car il jouait parfaite-ment et heureusement tous les jeux de société;un à ses compositions littéraires, faisant aumoins sa feuille dans sa matinée, et ne la ven-dant pas moins d’un ducat ; deux par ses ap-pointements à l’académie ; et un comme pro.fesseur de philosophie au collège français deBerlin. Je ne compte pas ce qu’avait pu luivaloir la place de pasteur, qu’il abandonnabientôt.
La reine de Suède eut la malice de lui de-mander un jour s’il était vrai que le jeu lui va-lût chaque jour un ducat. « Madame , répondit-»il, on exagère toujours : personne ne sait ce» que je gagne, et je ne le compte pas moi-même •» je conviens néanmoins qu’en général je gagnen plus que je ne perds. » Il a laissé sept enfants ,cinq filles et deux fils, dont l’un est médecin,et l’autre employé dans les affaires étrangères.Un de mes compatriotes et amis me chargea delui demander une de ses filles en mariage.« M.N*, me répondit M. Formey, fait beaucoup» d’honneur à ma fille, et je suis persuadé qu’il