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académie royale,
» J’atteste le Dieu que je vais recevoir, et de-» vant qui je vais paraître, que si j’ai paru peu» chrétien dans mes actions, dans mes discours» et dans mes écrits, ce n’a jamais été par con-» viction ; que ce n’a été que par respect hu-» main, par vanité, et pour plaire à telles ou tel-» les personnes. Si donc vous avez quelque con-» fiance en votre père, ne vous servez de cette» confiance que pour rendre plus respectable» à vos yeux tout ce que je vous dis en ce mo-» ment. Puissiez-vous graver dans votre âme» et vous rappeler toujours plus vivement cette» dernière scène de la vie de votre père ! Met-otez-vous à genoux, mon fils; joignez vos«prières à celles des personnes qui m’enten-«dent et qui vous voient; promettez à Dieu «que vous profiterez de mes dernières leçons;« et conjurez-le de me pardonner ! »
Ce discours m’étonna singulièrement : je nem’y attendais pas du tout; et j’admirai avecquelle force , quelle présence d’esprit, cethomme mourant et si affaibli le débita. Aprèsque le curé l’eut administré, nous nous reti-râmes, ma femme et moi, en convenant quenous ne parlerions à personne de ce que nousvenions de voir et d’entendre, attendu que