n6 académie royale,
faire l'honneur à son académie de lui écrire.Ce qui, en cette occasion , causait la mauvaisehumeur du roi, c’est qu’on avait mis à la têtedes candidats, dans l’une et l’autre liste, lejuif Mosès Mindleson, et que cette nomina-tion était la première qu’on ait eu à faire de-puis celle de l’impératrice de Russie . Frédéricétait révolté de l’idée que le premier acadé-micien admis depuis l’acceptation de sa majestéimpériale , pût être un juif : il était même fâ-ché qu’on le lui eût proposé, non pas qu’iln’estimât Mosès Mindleson comme philosophe,ou qu’il fût lui-même esclave des préjugés,mais parcequ’il craignait qu’une accolade decette sorte ne fût regardée comme un sarcasme,ou au moins comme une très grande irrévé-rence en Russie , et même dans les autres coursde l’Europe. La classe de philosophie ne vou-lut pas s’arrêter à ces considérations politiques,qui m’avaient fait dire que l’impératrice ferme-rait notre porte à ce juif : ainsi mes collègues,surtout M. Béguelin, persistèrent à le présen-ter le premier, même dans la seconde liste, cequi ne servit qu’à irriter encore plus le roi. Onalla presque jusqu’à me regarder commehomme à préjugés, parcequ’en cette occasion