CLA.SSE DE BELLES-LETTRES. 1 29
» votre majesté tout ce que j’en savais : ce n’est» pas qu’on ne m’ait donné sur son compte quel-» ques détails ; mais on n’a pu m’en garantir ou» m’en prouver aucun ; ainsi j’ai dû les ranger» tous dans la catégorie des choses fausses ou» hasardées. — Et que vous en a-t-on dit? — On» m’a dit, par exemple, qu’il était de mon pays;
» que le nom de sa.famille était le même que le«mien, et que, de cette sorte,.il pourrait fort» bien être de mes parents ;mais on a ajouté qu’il>» appartenait à la petite noblesse, si commune» dans ma province , ce qui m’a fait répliquer«que, dès lors, il n’y avait plus aucune parenté» entre lui et moi ; car, sir e,fai V honneur d’êtreroturier de père et de mère. »
A ces derniers mots, Frédéric fixa ses re-gards sur moi avec une attention particulière.Protecteur de sa noblesse, il n’aux'ait pas souf-fert qu’on parût la mépriser en lui parlant :mais il vit que le sentiment qui m’animaitdécelait l’homme qui répugne à être dégradé,et non l’homme qui méprise. Personne nedistinguait mieux que lui les deux sortes defierté dont je parle ; et s’il était ennemi de laseconde, il honorait la première. Aussi reprit-il tout de suite son air et son ton ordinaires.