PUBLIQUE. U
servi à égarer les hommes qu’à les éclairer ; en-fin, prenant ce ton poli, aisé et amical, qui luidevenait si naturel quand il le voulait, et l’ac-compagnant de ce regard agréable et cares-sant qui n’a jamais été plus familier à personnequ’à lui, il me dit en concluant: « Faites-moi» le plaisir de me dire ce que vous pensez de»cet examen, et même de la philosophie :
» n'êtes-vous pas de mon avis ?» Il avait parlédurant une bonne demi-heure, et je l’avaisécouté avec toute l’attention qui est due à ungrand homme, et à un souverain de qui l’ondépend : je n’avais pas tardé à me - convaincreque cette discussion avait été préméditée etpréparée ; il ne m’avait fallu, pour n’avoir au-cun doute sur ce point, que l’ordre dans lequeltous ses raisonnements s’étaient suivis et en-chaînés , ainsi, il était évident que le général de® •Buddenbrock avait parlé , et que tout cet en-tretien , et surtout la conclusion, n’était qu’unpiège où Frédéric cherchait à me faire tomber.Ce fut d’après ces pensées que je répondis:«Puisque votre majesté veut bien me permettre» de lui dire ce que je pense de la métaphysique,«je le ferai. Je crois, sire, devoir distinguer«deux sortes de métaphysique, l’une que j ap-