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Tome cinquième.
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AMIS DE FRÉDÉRIC :

trouver un ami constant dans un roi, il fautremonter jusqu’aux temps qu’on appelle, à sijuste titre, les temps fabuleux : on m’objecte-rait l’amitié de Frédéric pour Jordan, et l’on au-rait raison, quoique je puisse observer que Fré-déric et Jordan n’ayant guère vécu ensembleque douze ans, et à une époque où ils étaientloin d’être vieux, leur amitié peut être jugéemoins constante que sincère et fidèle. Jordan ,au reste, était homme à n’avoir jamais aucuntort; d’Argens, avec tant de titres pour se faireaimer et chérir, était de caractère à fournir desarmes contre lui. C’est ainsi que plusieurs cau-ses contribuèrent peu à peu à faire descendrece philosophe provençal, du noble rang d’amiau simple rang de courtisan usé, négligé etmême peu estimé. Ce sont ces causes que nousallons développer ; nous en distinguerons qua-tre. La première est la familiarité à laquellel’habitude de vivre ensemble, la gaieté de Fré-déric et les saillies de son esprit, amenaientnaturellement tous ceux qu’il admettait danssa société ; familiarité dont il abusait ensuite.Et en effet, la gaieté de ce monarque deve-nait pour ainsi dire contagieuse. Commentvoir un grand roi se livrer, de si bonne grâce,