LE MARQUIS d’aRGENS. 36l
» une autre religion dont vous n’êtes pas un par-» tisan bien zélé : finirez-vous par en reprendre« le masque , et vous prêter à ses lois, après» l’avoir frondée pendant toute votre vie? Irez-« vous jusqu’aux petites cérémonies qu’elle» recommande , lorsque vous serez près de«mourir? — Oui, sire, je m’y résoudrai par«amitié pour mon frère et pour l’intérêt de» ma famille. — C’est-à-dire que vous trahirez» les intérêts de la philosophie ? vous lui devien-* drez infidèle? — Nul homme sensé ne sera la« dupe de cette apparente infidélité ; et si le» rôle que je jouerai ne paraît pas d’abord bien» noble, on l’excusera à cause du motif qui» m’aura déterminé ; et en tout cas ce n’est«pas à moi qu’il faudra s’en prendre de ce» que les hommes ne m’auront laissé que l’al-« ternative de feindre , ou de faire beaucoup» de mal à des parents que je chéris , et qui«m’aiment. »
Ces sortes de questions très souvent répé-tées et discutées n’étaient pour le roi qu’unamusement, tant qu’on n’en apercevait l’objetqu’à si grande distance. On pouvait croire quele temps, de nouvelles circonstances, des inté-rêts n ou ■veaux, d’autres liaisons,etenfinl’incon-