384 AMIS UE FRÉDÉRIC:
il ne manquait point. Là, il ôtait son chapeauà tout le monde, ne s’approchait de personne,ne parlait à qui que ce fût, restait immobilependant tout le temps de la parade, et allaitensuite se renfermer jusqu’au lendemain. Unsoir que le capitaine me l’amena à souper,dans un voyage qu’il fit à Berlin , je lui témoi-gnai combien ce genre de vie me paraissaitsingulier et pénible à soutenir. Il me réponditqu’il se ferait un ennemi du comte d’Anhalt,premier aide-de-camp du roi, s’il rendait quel-ques devoirs plus marqués au roi ou au princede Prusse; qu’il se perdrait dans l’esprit duprince de Prusse, s’il s’approchait de M. d’An-halt, et qu’il perdrait infiniment dans l’espritdu roi, s’il faisait sa cour au prince; que, pouréviter tous ces inconvénients, il ne lui restaitque le parti qu’il avait pris, d’autant plus quece serait les offenser tous trois, que d’en agirainsi envers eux. s’il voyait quelque autre per-sonne, et s’il ne se faisait pas la réputation d’unours. U ajouta qu’il en userait de même tantque les choses seraient telles qu’elles étaient ;mais que, pour ne pas s’ennuyer, il travaillaitbeaucoup, et qu’il s’était imposé des études im-portantes, outre le temps qu’il consacrait tous