26 Troisième discours.
Qui vend au plus offrant son encre 8c ses fureurs ;Méprisable en son goût, détestable en ses mœurs ;Médisant, qui se plaint des brocards qu'il essuie;Satirique ennuyeux, disant que tout l'ennuie;
Criant que le bon goût s’est perdu dans Paris,
Et le prouvant très-bien, du moins par ses écrits, (h)On peut à Despréaux pardonner la satire;
11 joignit sart de plaire au malheur de médire.
Le miel que cette abeille avait tiré des fleursPouvait de fa piqûre adoucir les douleurs.
Mais pour un lourd frélon, méchamment imbécile,Qui vit du mal qu il fait, 8c nuit fans être utile,
On écrase à plaisir cet insecte orgueilleux,
Qui fatigue l’oreille, 8c qui choque les yeux.
Quelle était votre erreur, ô vous, peintres vulgaires !Vous, rivaux clandestins, dont les mains téméraires,Dans ce cloître où Bruno semble encor respirer,
Par une lâche envie ont pu défigurer (t)
Du Zeuxis des Français les savantes peintures ?L’honneur de son pinceau s’accrut par vos injures:Ces lambeaux déchirés en font plus précieux;
Ces traits en font plus beaux, 8c vous plus odieux.Détestons à jamais un fi dangereux vice. [k)
Ah ! qu’il nous faut chérir ce trait plein de justice,D’un critique modeste, 8: d'un vrai bel-esprit,
Qui, lorsque Richelieu follement entrepritDe rabaisser du Cid la naissante merveille,
Tandis que Chapelain osait juger Corneille,
Chargé de condamner cet ouvrage imparfait,
Dit, pour tout jugement : Je voudrais l’avoir fait: (Z)C’est ainsi qu’un grand cœur fait penser d’un grand homme.A la voix de Colbert, Bernini vint de Rome;