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Tome douzieme.
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Sur la nature vu plaisir. 41

Par-tout d’un Dieu clément la bonté salutaireAttache à vos besoins un plaisir nécessaire.

Les mortels en un mot n’ont point d’autre moteur.

Sans Paîtrait du plaisir, fans ce charme vainqueur,Oui des lois de l’hymen eût subi l’esclavage ?

Quelle beauté jamais aurait eu le courageDe porter un enfant dans son sein renfermé,

Qui déchire en naissant les flancs qui Pont formé?

De conduire avec crainte une enfance imbécile ,

Et d’un âge fougueux l’imprudence indocile ?

Ah ! dans tous vos états, en tout temps , en tout lieu -,Mortels , à vos plaisirs reconnaissez un Dieu.

Que dis-je ? à vos plaisirs ! c’est à la douleur mêmeQue je connais de Dieu la sagesse suprême.

Ce sentiment si prompt dans nos corps répandu,Parmi tous nos dangers sentinelle assidu ,

D’une voix salutaire incessamment nous crie :

Ménagez, défendez , conservez votre vie.

Chez de sombres dévots l’amour propre est damné ;C’est Pennemi de l’homme, aux enfers il est né.

Vous vous trompez, ingrats, c’est un don de Dieu même.Tout amour vient du ciel ; Dieu nous chérit, ils’aime. (d)Nous nous aimons dans nous,dans nos biens, dans nos fils,Dans nos concitoyens , surtout dans nos amis :

Cet amour nécessaire est l’ame de notre ame ;

Notre esprit est porté sur ses ailes de flamme.

Oui, pour nous élever aux grandes actions ,

Dieu nous a par bonté donné les passions, (e)

Tout dangereux qu’il est , c’est un présent céleste ;

L’usage en est heureux, si l’abus est funeste.

J’admire 8c ne plains point un cœur maître de foi,Qui tenant ses désirs enchaînés fous fa loi,