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Tome douzieme.
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Sur la nature du plaisir. 4 3

Ou’il faut lâcher la bride aux pallions humaines;

De ce coursier fougueux je veux tenir les rênes ;

Je veux que ce torrent, par un heureux secours,Sans inonder mes champs, les abreuve en son cours.Vents, épurez les airs , 8c soufflez sans tempêtes ;Soleil, fans nous brûler, marche 8c luis fur nos têtes.Dieu des êtres penfans, Dieu des cœurs fortunés ,Conservez les désirs que vous m’avez donnés,

Ce goût de l’amitié, cette ardeur pour l'étude ,

Cet amour des beaux arts 8c de la solitude.

Voilà mes passions, mon ame en tous les temps ( h )Goûta de leurs attraits les plaisirs confolans.

Quand fur les bords du Mein deux écumeurs barbares,Des lois des nations violateurs avares,

Deux fripons à brevet, brigands accrédités ,Epuisaient contre moi leurs lâches cruautés,

Le travail occupait ma fermeté tranquille ;

Des arts qu'ils ignoraient leur antre fut l'asile.

Ainsi le dieu des bois enflait ses chalumeaux,

Quand le voleur Cacus enlevait ses troupeaux :

11 n’interrompit point fa douce mélodie.

Heureux qui jufqu’au temps du terme de fa vie,

Des beaux arts amoureux, peut cultiver leurs fruits !

II brave l’injuftice , il calme ses ennuis ;

II pardonne aux humains , il rit de leur délire ,

Et de fa main mourante il touche encor fa lyre. (r)