PREFACE.
On sait assez que ce poème n’avait pas étéfait pour être public ; c’était depuis trois ans unsecret entre un grand roi 8c sauteur. II n’y a quetrois mois qu il s’en répandit quelques copies dansParis, 8c bientôt après il y fut imprimé plusieursfois d’une manière aulsi fautive que les autresouvrages qui font partis de la même plume.
II serait juste d’avoir plus d’indulgence pourun écrit secret, tiré de sobfcurité où son auteurlavait condamné , que pour un ouvrage qu’unécrivain expose lui - même au grand jour. IIserait encore juste de ne pas juger le poème d’unlaïque comme on jugerait une thèse de théo-logie. Ces deux poèmes (*) font les fruits d’unarbre transplanté. Quelques-uns de ces fruitspeuvent n’être pas du goût de quelques per-sonnes : ils font d’un climat étranger , mais iln’y en a aucun d’empoisonné , 8c plusieurspeuvent être salutaires.
II faut regarder cet ouvrage comme unelettre où l’on expose en liberté ses sentimens.La plupart des livres ressemblent à ces conver-sations générales 8c gênées, dans lesquelles ondit rarement ce qu’on pense. L’auteur a dit icice qu’il a pensé à un prince philosophe auprèsduquel il avait alors l’honneur de vivre. II a
(*\ L’auteur parle ici du poème fur le défqjìre de Lisbonne ,qui parut avec celui de la Loi naturelle.