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POEME
La nature a fourni d’une main salutaireTout ce qui dans la vie à l’homme est nécessaire,Les ressorts de son ame 8c l’instinct de ses sens.
Le Ciel à ses besoins soumet les élémens.
Dans les plis du cerveau la mémoire habitanteY peint de la nature une image vivante.
Chaque objet de ses sens prévient la volonté.
Le son dans son oreille est par l’air apporté.
Sans efforts Sc fans foins son œil voit la lumière.
Sur son Dieu, sur sa fin, sur sa cause première,L’homme est-il sans secours à Terreur attaché?
Ouoi ! le monde est visible, Sc D i e u serait caché !Ouoi ! le plus grand besoin que j’aye en ma misèreEst le seul qu’en effet je ne puis satisfaire!
Non: le Dieu qui m’a fait ne m’a point fait en vainSur le front des mortels il mit son sceau divin.
Je ne puis ignorer ce qu’ordonna mon maître;
11 m’a donné fa loi, puisqu’il m’a donné l’être.Sans doute il a parlé, mais c’est à T univers ;
II n'a point de T Egypte habité les déserts;
Delphes, Delos, Ammon , ne font pas ses asiles ;
II ne se cacha point aux antres des sibylles.
La morale uniforme en tout temps, en tout lieu,
A des siècles fans fin parle au nom de ce Dieu.
C’est la loi de Trajan, de Socrate Sc la vôtre.
De ce culte éternel la nature est l’apôtre ;
Le bon sens la reçoit, Sc les remords vengeurs,
Nés de la conscience, en sont les défenseurs;
Leur redoutable voix par tout se fait entendre.
Pensez-vous en effet que ce jeune Alexandre,Auss vaillant que vous, mais bien moins modère,Teint du sang d’un ami trop inconsidéré ,