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Tome douzieme.
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101
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SUR LA LOI NATURELLE. 101

Et les civiles lois, par un autre lien,

Ont confondu le prêtre avec le citoyen.

La loi dans tout Etat doit être universelle.

Les mortels, quels qu’ils soient, sont égaux devant elle.Je n’en dirai pas plus.fur ces points délicats ;

Le Ciel ne m’a point fait pour régir les Etats,

Pour conseiller les rois, pour enseigner les sages;Mais du port où je fuis contemplant les orages,

Dans cette heureuse paix où je finis mes jours,Eclairé par vous-même, 8c plein de vos discours,

De vos nobles leçons salutaire interprète,

Mon esprit suit le vôtre , 8c ma voix vous répèteQue conclure à la fin de tous mes longs propos?C’est que les préjugés font la raison des sots ;

11 ne faut pas pour eux se déclarer la guerre :

Le vrai nous vient du ciel, Terreur vient de la terre ;Et parmi les chardons qu’on ne peut arracher,

Dans les sentiers secrets le sage doit marcher.

La paix enfin, la paix, que Ton trouble 8c qu’on aime ,Est d’un prix aufli grand que la vérité même.

PRIERE.

O Dieu qu’on méconnaît, ô Dieu que tout annonce,Entends les derniers mots que ma bouche prononce.

Si je me fuis trompé, c’est en cherchant ta loi :

Mon cœur peut s'égarer, mais il est plein de toi.

Je vois fans m’alarmer l’éternité paraître,

Et je ne puis penser qu’un Dieu qui m’a fait naître,Qu’un Dieu qui sur mes jours versa tant de bienfaits ,Quand mes jours font éteints, me tourmente à jamais.

O 3