le Temple d u Goût. 161
L’aisé , le tendre Saint-Aulaire , (q 9)
Plus vieux encor qu’Anacréon ,
Avait une voix plus légère ;
On voyait les fleurs de CythèreEt celles du sacré vallonOrner sa tête octogénaire.
Le Dieu aimait fort tous ces meffiears, Sc surtout •ceux qui ne se piquaient de rien ; il avertissait Chaulieude ne se croire que le premier des poètes négligés,& non pas le premier des bons poètes.
Ils sciaient conversation avec quelques-uns desplus aimables hommes de leur temps. Ces entretiensn’ont ni l’affectation de 1 ’hôtel de Rambouillet, (30)ni le tumulte qui règne parmi nos jeunes étourdis.
On y fait fuir égalementLe précieux, le pédantisme,
L 1 air empesé du syllogisme,
Et l’air fou de l’emportement.
C'est là qu’avec grâce on allieLe vrai savoir à l’enjoûment,
Et la justesse à la saillie.
L’esprit en cent façons se plie ;
On sait lancer , rendre , essuyerDes traits d'aimable raillerie ;
Le bon sens, de peur d’ennuyer,
Se déguise en plaisanterie, (r)
Là se trouvait Chapelle , ce génie plus débauchéencore que délicat, plus naturel que poli, facile dansses vers , incorrect dans son style, libre dans ses idées.
Poèmes. L