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Tome douzieme.
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19 B Variantes

Enfin après une conversation utile , dans laquelle onlouait avec justice ce que nous avons; 8c dans laquelle onregrettait, avec non moins de justice, ce que nous n avonspas, il fallut se séparer. J'entendis le Dieu qui disait à sesdeux amis, en les embrassant :

Adieu, mes plus chers favoris,

Par qui ma gloire est établie.

Tain que voua sciez tlaiia Paris,

Je n’ai pas peur que l'on m’oublie;

Mais prêchez , je vous en supplie,

Certains prétendus beaux esprits,

Qui du faux goût toujours épris ,

Et toujours me fêlant insulte ,

Ont tout 1 air d'avoir entreprisDe traiter mes lois 8c mon culteComme l’on traite leurs écrits.

II les pria de faire ses complimens à un jeune princequ'il aime tendrement; Sc s’échauffant à son nom avec uhpeu d’enthousiasme que ce Dieu ne dédaigne pas quelque-fois , mais qu il fait toujours modérer, il prononça cesvers avec vivacité :

Que toujours Clermont (*) s'illumineDes vives clartés de ma loi ;

Lui, fa sœur, les amours 8c moiNous sommes de même origine.

Conti , sachez à votre tourQue vous êtes né pour me plaire,

Aufli-bien qu au dieu de l’amour.

J aimai jadis votre grand-père ,

II fut le charme de ma cour :

De ce héros suivez l’exemple,

Que vos beaux jours me soient soumis ;

Croyez-moi , venez dans ce templeOù peu de princes font admis.

(*) M. le comte de Clermont , prince du sang, a fondé, à l’âge devingt ans , une académie des arts , composée de cent personnes qui s’as-semblcnt chez lui , S: il donne une protection marquée aux gens delettres. On ne saurait trop proposer un tel exemple aux jeunes princes.