V
L A
GUERRE CIVILE
DE GENEVE.
CHANT PREMIER.
Auteur sublime, inégal 8c bavard, (<z)
Toi qui chantas le rat 8c la grenouille,Daigneras-tu m’instruire dans ton art ?
Poliras-tu les vers que je barbouille ?
O Taíloni! (b) plus long dans tes discours,
De vers prodigue 8c d’esprit fort avare,
Me faudra-t-il dans mon dessein bizarreDe tes langueurs implorer le secours ?
Grand Nicolas (c) de Juvénal émule ,
Peintre des mœurs , surtout du ridicule,
Ton style pur aurait pu me tenter.
II est trop beau, je ne puis l’imiter.
A son génie il saut qu'o n s’abandonne.
Suivons le nôtre, 8c n'invoquons personne.
Au pied d'un mont ( d ) que les temps ont pelé,Sur le rivage où roulant fa belle onde,
Le Rhône échappe à fa prison profonde,
Et court au loin par la Saône appelé,
On volt briller la cité genevoise ,
Noble cité, riche, (e) fière 8c sournoise;
On y calcule 8c jamais on n’y rit.
L’art de Barème est le seul qui fleurit: (/)