3io La guerre civile
On s’y dispose; 8c le vaillant RodonSaisit déjà le sot prêtre BrognonA la braguette, au collet, au chignon;
II le soulève ainsi qu’on vit Hercule ,
En déchirant la robe qui le brûle,
Lancer d’un jet le malheureux Licas.
Mais, ô prodige ! 8c qu’on ne croira pas,
Tel est l’ennui dont la sage natureDota Brognon, que sa seule figure ,
Peut assoupir, 8c même sans prêcher,
Tout citoyen qui l’oserait toucher.
Maître Brognon ressemble à la torpille ;
Elle engourdit les mains des matelotsQui de trop près la suivent fur les flots.
Rodon s’endort, 8c Pallard le secoue;
Brognon gémit étendu dans la boue.
Tous les pasteurs étaient saisis d'effroi.
Ils criaient tous au secours, à la loi !
A moi, chrétiens, femmes , filles, à moi !
A leurs clameurs une troupe dévote,
Se rajustant, descend de son grenier;
Et crie, 8: pleure, Sc se retrousse, 8c trotte,
Et porte en main Saurin (a) 8c le psautier:
Et les enfans vont pleurant après elles ;
Et les amans donnant le bras aux belles,Diacre, maçon, corroyeur, pâtissierD’un flot subit inondent le quartier.
La presse augmente, on court, on prend les armesQui n’a rien vu donne le plus d’alarmes.Chacun pense être à ce jour si fatalOù l’ennemi, qui s’y prit assez mal,