3 12 La guerre civile
Qui tempérait la splendeur de sa gloire.
11 va tâtant le pouls du consistoireEt du conseil, 8c des plus gros bourgeois.
Sur eux à peine il a placé ses doigts,
O de son art merveilleuse puissance !
O vanités ! ô fatale science !
La fièvre augmente : un délire nouveauAvec fureur attaque tout cerveau, (c)
J’ai vu souvent près des rives du RhôneUn serviteur de Flore & de Pomone,
Par une digue arrêtant de ses mainsLe flot bruyant qui fond fur ses jardins :
L’onde s’irrite, & brisant sa barrière,
Va ravager les œillets, les jasminsEt des melons la couche printannière.Telle est Genève : elle ne peut souffrirQu'un médecin prétende la guérir ;Chacun s’émeut, 8c tous donnent au diableLe grand Tronchin avec fa mine affable:Du genre humain voilà le fort fatal.
Nous buvons tous dans une coupe amèreLe jus du fruit que mangea notre mère :
Et du bien même il naît encor du mal.
Lui d'un pas grave, 8c d’une marche lenteLaisse gronder la troupe turbulente,
Monte en carrosse Sc s’en va dans ParisPrendre son rang parmi les beaux esprits.
Genève alors est en proie au tumulte,
A la menace, à la crainte, à l’insulte.Tous contre tous, Bitet contre Bitet;Chacun écrit, chacun fait un projet;