Band 
Tome douzieme.
Seite
338
JPEG-Download
 

ZZ8 La guerre civile

De lourds mousquets dégarnis de platine.

Le ter pointu qui tourne à la cuisine ,

Et fait tourner les poulets déplumés,

Bientôt fe change aux regards alarmésEn longue pique , instrument de carnage :

Et l’ouvrier contemplant son ouvrageTremble lui-même 8c recule de peur.

O jours ! ô temps de disette 8c d’horreur!Les artisans dépourvus de salaire,

Nourris de vent, déliant les hasards.Meurent de faim, en attendant que MarsLes'extermine à coups de cimeterre.

Avant ce temps l’industrie 8c la paixEntretenaient une honnête opulence ;

Et le travail, père de l’abondance,

Sur la cité répandait ses bienfaits.

La pauvreté, sèche, pâle, au teint blême,Aux longues dents, aux jambes de fuseaux,Au corps flétri, mal couvert de lambeaux,Fille du Stix, pire que la mort même,

De porte en porte allait traînant ses pas.Monsieur Labat la guette, 8c n’ouvre pas. (3)Et cependant Jean-Jacque 8c fa sorcière,

Le beau Covelle 8c sa reine d’amour,

Avec Bonnet buvaient le long du jour,

Pour soulager la publique misère.

Au cabaret le bon milord payait :

Des indigens la foule s’y rendait.

Pour s’en défaire Abington leur jetaitDe temps en temps de P or par les fenêtres ;Nouveau secret très-peu connu des prêtres.