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Lettre
II y a une fête fort célébré à Vienne, qui est cellede l’Hôte 8c de FHôteffe : l’empereur est l’hôte ,l’impératrice est Fhôtesse; ils reçoivent tous les voya-geurs qui viennent souper 8c coucher chez eux, 8cdonnent un bon repas à table d’hôte. Tous les voya-geurs font habillés à l’ancienne mode de leur pays ;chacun fait de son mieux pour cajoler respectueuse-ment l’hôteffe ; après quoi tous dansent ensemble.II y a juste soixante ans que cette fête n’a été célébréeà Vienne ; monsieur voudrait-il la fêter à Brunoi ?
Les voyageurs pourraient rencontrer des aven-tures. Les uns feraient des vers pour la reine ; lesautres chanteraient quelques airs italiens ; il y auraitdes querelles, des rendez-vous manqués, des plaisan-teries de toute espèce.
Un pareil divertiffementest, ce me semble, d’autantplus commode , que chaque acteur peut inventer lui-mêrae son rôle , 8c l’accourcir ou l’alonger comme ilvoudra.
Je vous répète , Monsieur , qu’il me paraît impos-sible de préparer un ouvrage en forme pour le peude temps que vous me donnez ; mais voici ce quej’imagine:je vais faire une petite esquisse du balletde l’Hôte 8c de FHôteffe ; je vous enverrai des versauffì mauvais que j en fêlais autrefois ; vous meparaissez avoir beaucoup de goût, vous les corrigerez,vous les placerez , vous verrez quid dictât , quid non.
Je ferai partir dans trois ou quatre jours cettedétestable esquisse dont vous ferez très-aifément unjoli tableau ; quand un homme d’efprit donne unefête, c’est à lui à mettre tout en place.
Vous