1Z8 Le pauvre Diable.
11 Mais notre fort est toujours dans nos mains.11 Je me fuis fait auteur, disant la messe,ii Persécuteur, délateur, espion ;
,, Chez les dévots je forme des cabales :ii Je cours , j’écris , j’invente des scandales ;ii Pour les combattre 8c pour me faire un nom,ii Pieusement semant la zizanie ,ii Et l’arrosant d’un peu de calomnie.
" Imite-moi, mon art est assez bon ;n Suis comme moi les médians à la piste ;
Crie à l’impie, à l’athée, au déiste,ii Au géomètre; 8c surtout prouve bienii Qu’un bel-esprit ne peut être chrétien :ii Du rigorisme embouche la trompette;
Sois hypocrite, 8e ta fortune est faite. ,i
A ce discours saisi d’émotion,
Le cœur enCore aigri de ma disgrâce ,
Je répondis en lui couvrant la face
De mes cinq doigts ; 8e la troupe en besace ,
Oui fut témoin de ma vive action ,
Crut que c’était une convulsion.
A la faveur de cette opinionJe m’esquivai de P antre de Mégère.
-C’est fort bien fait ; si ta tête est légère,
Je m’aperçois que ton cœur est fort bon.
Où courus-tu présenter ta misère ?
-Las ! où courir dans mon destin maudit í
N’ayant ni pain, ni gîte, ni crédit,
Je résolus de finir ma carrière,
Ainsi qu’ont fait, au fond de la rivière ,
Des gens de bien, lesquels n'en ont rien dit.
O changement ! ô fortune bizarre !