Band 
Tome premier.
Seite
15
JPEG-Download
 

sur Oedipe.

1 5

Dont je fis, j’en conviens, assez peu de scrupule ,

Les fats crurent qu’impunément

Personne devant moi ne serait ridicule.

Us mont sait là-dessus mille injustes procès,

J’eus beau les souffrir 8c me taire ,

On m’imputa des vers que je n’ai jamais faits ;

C’est assez que j’en fusse faire.

Ces vers , Monsieur, ne sont pas dignes defauteur de la Tocane 8c de la Retraite; vous lestrouverez bien plats , (a) Sc aussi remplis de fautesque d’une vanité ridicule ; je vous les cite commeune autorité en ma faveur : mais j'aime mieuxvous citer l’autorité de Boileau. II ne répondit unjour aux complimens d’un campagnard qui lelouait d’une impertinente satire contre les évêques,très-fameuse parmi la canaille, qu’en répétant à cepauvre louangeur :

Vient-il de la province une satire fade,

D’un plaisant du pays insipide boutade ;

Pour la faire courir on dit qu’elle est de moi,

Et le sot campagnard le croit de bonne foi.

Je ne suis ni ne ferai Boileau; mais les mauvaisvers de M. Le Brun m’ont attiré des louanges 8c despersécutions qu’assurément je ne méritais pas.

Je m’attends bien que plusieurs personnes , accou-tumées à juger de tout fur le rapport d’autrui ,

( a ) Tout ce morceau fut retranché dans l’édition qu’on fit de cesLettres , parce qu’on ne voulut pas affliger Tabbé de Chaulieu : on doitdes égards aux vivans 5 on ne doit aux morts que 2a vérité.