SUR Oedipe. 25
ne lui ait tourné , il doit le regarder comme unvéritable prophète. Eh ! de quel étonnement, dequelle horreur ne doit-il point être frappé , enapprenant de la bouche de Tirèjie tout ce qu’ Apollonlui a prédit autrefois ? Quel retour ne doit - il pointfaire fur lui-même, en apprenant ce rapport fatalqui fe trouve entre les reproches qu’on lui a faitsà Corinthe qu’il n’était qu’un fils supposé, 8c lesoracles de Thèbes qui lui disent qu’il est Thébain ?entre Apollon qui lui a prédit qu’il épouserait samère 8c qu’il tuerait son père , 8c lïréfie qui luiapprend que ses destins affreux font remplis. ?Cependant, comme s’il avait perdu la mémoire deces événemens épouvantables , il ne lui vient d’autreidée que de soupçonner Créon , son ancien b Jidelleami , ( comme il l’appelle , ) d’avoir tué Laïus ; 8ccela fans aucune raison , sans aucun fondement ,fans que le moindre jour puisse autoriser sessoupçons , 8c ( puifqu’il faut appeler les choses parleur nom ) avec une extravagance dont il n’y aguère d’exemples parmi les modernes, ni mêmeparmi les anciens.
Quoi ! tu oses paraître devant moi ? dit - il à Créon :tu as ïaudace d.'entrer dans ce palais , toi qui es ajfurémentle meurtrier de Laïus , b qui as manifestement conspirécontre moi pour me ravir ma couronne ?
Voyons , dis-moi, au nom des Dieux , as- tu remarquétn moi de la lâcheté ou de la folie , pour que tu ayesentrepris un fi hardi dessein ? N'efl - ce pas la plus follede toutes les entreprises que £aspirer à la ■ royauté fans