Band 
Tome premier.
Seite
76
JPEG-Download
 

76

PREFACE.

traité Homère, que pourtant il a traduit. JamaisVirgile , ni le Tasse, ni M. Defprêaux , ni M. Racine ,ni M. Pope , ne se sont avisés d’écrire contrel’harmonie des vers ; ni M. de Lulli contre lamusique, ni M. Newton contre les mathématiques.On a vu des hommes qui ont eu quelquefois lafaiblesse de se croire supérieurs à leur profession ,ce qui est le sûr moyen d'être au-dessous ; maison n’en avait point encore vu qui voulussentl’avilir. II n’y a que trop de personnes quiméprisent la poésie faute de la connaître. Parisest plein de gens de bon sens , nés avec des organesinsensibles à toute harmonie , pour qui de lamusique n'est que du bruit, 8c à qui la poésie neparaît qu’une folie ingénieuse. Si ces personnesapprennent qu’un homme de mérite, qui a faitcinq ou six volumes devers, est de leur avis, ne secroiront - elles pas en droit de regarder tous lesautres poètes comme des fous, 8c celui - là commele seul à qui la raison est revenue ? II est doncnécessaire de lui répondre pour shonneur de Fart ;8c j’ose dire pour l’honneur d’un pays qui doitune partie de fa gloire, chez les étrangers, à laperfection de cet art même.

M. de la Motte avance que la rime est unusage barbare inventé depuis peu.

Cependant tous les peuples de la terre ,excepté les anciens Romains 8c les Grecs, ont