Band 
Tome premier.
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138
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E.

O E D

O E D I P E.

O trop funeste hymen ! ô feux jadis t doux !

J O C A S T E.

Ils ne font point éteints ; vous êtes mon époux.

O E D I P E.

Non , je ne le fuis plus ; Sc ma main ennemieN’a que trop bien rompu le saint nœud qui nous lie.

Jc remplis ces climats du malheur qui me fuit.Redoutez-moi, craignez le dieu qui me poursuit ;

Ma timide vertu ne sert qu à me confondre ,

Et de moi déformais je ne puis plus répondre.

Peut - être de ce dieu partageant le courroux,

L’horreur de mon destin s’étendrait jufqu'à vous.

Ayez du moins pitié de tant d’autres victimes ;Frappez, ne craignez rien, vous m’épargnez des crimes.

J O C A S T E.

Ne vous accusez point d’un destin G cruel ;

Vous êtes malheureux , Sc non pas criminel.

Dans ce fatal combat que Daulis vous vit rendre ,

Vous ignoriez quel sang vos mains allaient répandre ;Et fans trop rappeler cet affreux souvenir ,

Je ne puis que me plaindre Sc non pas vous punir ,Vivez. . . .

O E D I P E.

Moi que je vive ! il faut que je vous fuie.

Hélas ! où traînerai - je une mourante vie ?

Sur quels bords malheureux , dans quels tristes climatsEnsevelir l'horreur qui s’attache à mes pas ?

Irai-je errant encore , Sc me fuyant moi-même ,