148 O E D I P E.
I C A- R E.
Et voilà donc le fruit de mes généreux foins ?
P h o R b a s.
Qu’avons-nous fait tous deux ?
O E D I P e.
Je n’attendais pas moins.
I c A R E.
Seigneur....
O E D I P E.
Sortez, cruels, sortez de ma présence ;
De vos affreux bienfaits craignez la récompense ;Fuyez; à tant d’horreurs par vous seuls réservé,
Je vous punirais trop de m’avoir conservé.
SCENE IV.
O E D I P E seul.
î iE voilà donc rempli cet oracle exécrable ,
Dont ma crainte a pressé l’effet inévitable ;
Et je me vois enfin, par un mélange affreux,
Inceste Sc parricide, Sc pourtant vertueux.
Misérable vertu, nom stérile 8c funeste,
Toi par qui j’ai réglé des jours que je déteste ,
A mon noix ascendant tu n’as pu résister :
Je tombais dans le piège, en voulant l’éviter.
Un Dieu, plus fort que toi, m’entraînait vers le crime;Sous mes pas fugitifs il creusait un abyme ;
Et j’étais, malgré moi, dans mon aveuglement,
D’un pouvoir inconnu l'esclave Sc f instrument.
Voilà tous mes forfaits : je n’en connais point d’autres.Impitoyables Dieux , mes crimes font les vôtres,