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Tome premier.
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164
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Fragmens

I 64

Vainqueur des Locriens, CaíTandre va paraître ;Esclave en mon palais, j’attends ici mon maître :Pardonne, je n’ai pu le nommer mon époux.

Eh ! comment lui donner encore un nom si doux !

II ne l’a que trop bien oublié , le barbare.

Elle rappelle à Cêphise les principaux événemensde fa vie.

II te souvient de la triste journéeQui ravit Alexandre à P Asie étonnée.

La terre, en frémissant, vit après son trépasSes chefs impatiens partager ses Etats ;

Et jaloux l’un de l'autre en leur avide rage ,Déchirant à P envi ce superbe héritage,

Divisés d’intérêts 8c pour le crime unis, (6)

Assassiner fa mère, 8: fa veuve 8c son sils.

Ce sont-là les honneurs qu’on rendit à fa cendre.

Je ne veux point, Céphise, injuste envers Cassandre ,Accuser un époux de toutes ces horreurs ;

Un intérêt plus tendre a fait couler mes pleurs :

Ses mains ont immolé de plus chères victimes,

Et je n’ai pas besoin de lui chercher des crimes, (c )Du prix de tant de sang cependant il jouit;

Innocent ou coupable il en eut tout le fruit,

11 régna : d’Alexandre il occupa la place.

La Grèce épouvantée approuva son audace,

Et se s rivaux soumis lui demandant des lois,

11 fut le chef des Grecs 8c le tyran des rois.

(}) M. de Voltaire a depuis employé ce vers dans Mérope.

(c) Ce vers se trouve dans la Hcnriade, chant II.